Après avoir travaillé le trait par la ligne, souvent verticale voire "érective", par le geste et toujours la matière le trait est devenu tactile), mes travaux se sont orientés vers une recherche de la ligne en creux ou en volume, par les masses formant des plans colorés.

Ils expriment toujours, et assez souvent dans la gamme des gris colorés, une matérialité brute, grâce à tous les produits composites que j'emploie: acrylique + liants lourds pour la mise en place des masses.

Le travail de la couleur des plans, supposés suggérer des espaces, se fait avec des mélanges d'acryliques et de médiums fabriqués "maison". Il se termine toujours avec des huiles mélangées à des médiums vernissés.

Mon travail dans les gris colorés m'a entraîné dans une recherche constante de reflets d'un plan sur l'autre, afin de dégager des espaces à trois dimensions, grâce à une certaine perspective, mais très souvent ramenés à deux dimensions, ce qui bien-sûr complique sérieusement la mise en place des plans et des formes, un peu comme le faisaient les premiers cubistes du siècle dernier.

J'ai le sentiment en écrivant ces quelques lignes que les cubistes m'ont influencé de façon évidente, mais mes pères spirituels restent Viera da Silva et Nicolas de Staël.

Ce couple, pour moi infernal, continue à m'entraîner dans des sphères souvent douloureuses et quelquefois inquiétantes...